| Resume |
Copyright © 2013 APIDPM Santé tropicale. Tous droits réservés.
Aspects épidémiologiques et cliniques de l’ulcère de Buruli
dans un centre de dépistage et de traitement au Bénin
A propos de trois années d’activités
S.A. ALLODE¹, M.A. HODONOU¹, G. GBESSI², E.A.D. MENSAH¹, A. HANS-MOEVI³,
J.L. OLORY-TOGBE², H.A.O. DANDJLESSA¹, J. AGUIAR
4
Résumé
Introduction :
L’ulcère de Buruli (BU) est une infection tropicale négligée due à
Mycobacterium
ulcerans.
Au Bénin en 2006, 7000 cas de cas ont été recensés. Le centre nutritionnel et sanitaire
Gbêmontin de Zagnanado où a été effectué l’étude est l’un des centres spécialisés dans le dépistage et
le traitement de ladite infection au centre du Bénin. Cette étude fait le point sur trois années d’activités
diagnostiques en matière d’ulcère de Buruli.
Objectif :
L’objectif était de décrire les aspects épidémiologiques et cliniques de l’ulcère de Buruli au
CNSGZ.
Patients et méthodes :
Il s’agissait d’une étude rétrospective descriptive et analytique sur trois ans
du 1er janvier 2006 au 31 décembre 2008. Elle prenait en compte tous les patients reçus dans la
période sus-indiquée pour une lésion dont la confirmation d’UB a été donnée par l’un au moins des
trois examens biologiques (coloration de Ziehl Nielson, PCR et culture).
Résutats :
Ce travail ayant porté sur 305 malades donne les résultats suivants : au plan épidémiolo-
gique, il s’agissait de 160 (52,5%) patients de sexe masculin pour 145 (47,5%) cas féminins. La mala-
die sévissait chez les jeunes avec une moyenne d’âge de 25,1 ans pour des extrêmes de 1 an et de 80
ans. Les élèves et les cultivateurs étaient les plus atteints (41,3% et 32,8% respectivement). Les mala-
des provenaient de la région d’Agonlin dans 35,7% des cas et du département de l’Ouémé et Plateau
dans 27,9% des cas. Les malades dans 83% des cas affirmaient fréquenter régulièrement des cours
d’eau. Ils étaient 210 (69%) à faire d’automédication et 124 (41%) à recevoir une thérapie tradition-
nelle avant la consultation au centre spécialisé. Le délai moyen d’admission était de 1,02 an avec des
extrêmes de 7 jours à 20 ans. Au plan clinique, la lésion élémentaire la plus rencontrée était la plaque
dans 160 (52,45%) cas. Quelles que soient les lésions élémentaires, 59% des malades étaient vus au
stade d’ulcère. Le siège de prédilection des lésions
étaient les membr
es (90,2%) avec plus des
2/3
des cas aux seuls membres pelviens. Quatre-vingt douze (30%) malades avaient une incapacité
fonctionnelle. La fièvre était le signe associé le plus fréquent dans 11% des cas. La douleur n’était
rencontrée que dans 9% des cas.
Sur le plan paraclinique, tous les patients avaient bénéficié de trois examens biologiques dont l’un au
moins positif confirmait le diagnostic. Le PCR, le plus sensible était positif dans 89% des cas et la
culture, la moins sensible était positive dans 29,5% des cas.
Conclusion :
Le patient atteint de l’UB au CNSGZ est souvent un jeune élève ou cultivateur de la
localité, qui ne consulte qu’après l’échec de l’automédication ou du traitement traditionnel, lorsque la
lésion est déjà ulcérée. La sensibilisation est nécessaire pour que les patients consultent plus tôt, avant
l’ulcération, pour faciliter la prise en charge et réduire les lourdes séquelles post thérapeutiques. |