| Resume |
Dans les débats sur la culture mémorielle en Europe, les souvenirs « postcoloniaux » font souvent office de parents pauvres, comme le rappelle Wole Soyinka dans son livre The Burden of Memory (en Allemand : Die Last des Erinnerns, 2001), car les questions de Guerres mondiales et de Shoah leur ravissent toujours la vedette. Eclairée par les théories « postcoloniales », la littérature contemporaine de langue allemande présente de plus en plus des scènes littéraires postcoloniales. Le « postcolonial » étant entendu non pas comme ce qui s’est passé après le « moment colonial », mais comme des réflexions critiques sur les situations coloniales et leur mémoire.
La présente étude analyse un corpus d’une quinzaine de livres de littérature primaire. Il s’agit ici des textes décrivant des scènes littéraires allant des voyages de découverte de l’Afrique (le fameux „scramble for Africa“), les guerres coloniales et la problématique du génocide colonial, les spectacles ethnographiques et les expositions dans les « Zoos humains » jusqu’au génocide rwandais. En tant que théorie littéraire, la notion de « post-colonialisme » nous offre des outils critiques permettant d’analyser ces textes : identité, migration, différence culturelle, interculturalité, hybridité culturelle, conflit de civilisation, essentialisme culturel, « going native », « writing back » etc. L’analyse de ces scènes littéraires à l’aide de ces outils critiques ont permis de montrer que la finalité des réflexions postcoloniales menées dans les textes analysés est de contribuer à la fixation d’une culture mémorielle postcoloniale |