| Resume |
Dans la littérature post-coloniale le terme «Migritude» renvoie non seulement à la thématique de l’immigration, mais aussi au statut d’expatriés de la plupart des auteurs et / ou des héros de littérature. En général, ces personnages vivent en Europe, en Occident, loin de l’Afrique, où ils vivent leur « africanité ».
Bien que l’émigration dans le roman Wiedersehen mit Afrika (Retrouvailles avec l’Afrique) de Stefanie Zweig se passe dans une direction opposée à celle de la littérature dite de « migritude », c’est-à-dire, non pas « l’Afrique-sur-Seine » (Expression de Jacques Chevrier), mais en Afrique, la présente étude montre que les questions identitaires que pose Stefanie Zweig sont les mêmes qu’on retrouve dans la littérature de « migritude »: traumatisme individuel, préjugés, questions existentielles, etc.
Mais Stefanie Zweig laisse l’héroïne de son roman échouer dans son projet de fonder une « société interculturelle », un espace alliant la modernité débarrassée de sa brutalité à « l’innocence » de l’Afrique pré-coloniale. Elle échappe ainsi au reproche que le romancier Malien Yambo Ouologuem faisait à l’anthropologue allemand Leo Frobenius, celui de vouloir ressusciter « un univers africain qui ne correspond à plus rien de vivant » (Ouologuem, Yambo : Le Devoir de violence, 1968).
Notre étude montre que l’émigration de Stella sert finalement de prétexte à la romancière pour poser des problèmes de psychologie individuelle chez l’immigré, problèmes qu’elle essaie de résoudre avec la notion du « complexe d’Électre » développée par le psychanalyste Carl Gustav Jung (1875-1961), c’est-à-dire une puissance affective pour son père chez une jeune fille. |