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L’un des thèmes centraux du débat « postcolonial » est la question que Gayatri Spivak pose dans son essai Les subalternes peuvent-elles parler ? À travers cette interrogation, la chercheuse américaine d’origine indienne montre que la voix du groupe dominé est souvent confisquée par le groupe dominateur. Depuis, cet essai est considéré comme l’un des textes fondateurs du post-colonialisme, entendu non pas comme ce qui s’est passé après le « moment colonial » mais comme une réflexion scientifique sur les situations coloniales et leur mémoire.
Pour participer à ce débat, la littérature allemande contemporaine commence à mettre en exergue à sa manière la voix de l’Afrique et des africains. Cet article présente la manière dont, dans son roman Sansibar Blues (2008), l’auteur Hans Christoph Buch, connu pour ses romans sur le génocide ruandais, redonne la parole à deux personnages africains menacés par l’oubli de l’historiographie : la princesse de Zanzibar Emily Ruete qui, après son mariage avec un négociant Hambourgeois, perdit les droits dus à son titre et le marchand d’esclaves et d’ivoire connu sous le nom de Tippu Tip. C’est la voix de l’Afrique qui répond par « yes, we can » à la question posée par Spivak.
Il s’agit ici d’une communication que j’ai présentée à la Conférence des germanistes africains à Yaoundé (Cameroun) le 2 décembre 2013. |