| Resume |
La conférence de Berlin, tenue du 15 novembre 1884 au 26 février 1885 avait fixé les conditions juridiques de partage du continent africain. Les dispositions édictées avaient trait à l’acquisition pacifique, sans heurts militaires, des territoires africains. Les peuples du Bénin (hier Dahomey) et du Togo respectivement colonisés par la France et l’Allemagne avaient connu de douloureuses séparations tout le long de la frontière bénino-togolaise.
L’objectif que vise cette étude est d’examiner les réactions des peuples béninois et togolais et leur impact, pendant et après la délimitation de la ligne-frontière qui, désormais, les sépare arbitrairement et, contre leur gré.
L’approche méthodologique utilisée dans le cadre de la présente étude repose sur la recherche documentaire et l’enquête de terrain. La première a consisté à l’exploitation des principaux documents ayant caractérisé la délimitation de la frontière bénino-togolaise : procès-verbaux, lettres, accords, conventions. La deuxième, l’enquête de terrain a été faite dans l’optique de voir les mouvements de populations le long de la frontière séparant aujourd’hui le Bénin et le Togo. C’est sur la base des informations recueillies que la présente étude est faite en obtenant certains résultats.
Il ressort de cette étude que, du XIX ème au XX ème siècle, la délimitation de la frontière bénino-togolaise par les puissances coloniales française et allemande avaient été sanctionnée par cinq opérations. La méthode utilisée était de deux catégories : la méthode de frontières naturelles basées sur les éléments de la nature et celle de frontières artificielles qui utilisent des lignes droites suivant ou non des parallèles et des méridiens. Les méfaits du tracé de cette ligne-frontière sur les populations riveraines du Bénin et du Togo sont multiples : des incidents observés dans les localités de Tchetti-Doumè, Agoué, Cabolé-Bédou, Gouandé-Kantjo et Korountière. Ils donnaient lieu parfois aux migrations soit du côté allemand, soit du côté français. Les conséquences sont la séparation de populations, des familles culturelles, le partage des terres d’exploitation collectives, les restrictions des libertés de mouvement d’un côté à l’autre de la frontière, la violence, la perception des droits et taxes de part et d’autre de la frontière et l’insécurité. Mais aujourd’hui, des éléments de traditions, certaines cérémonies communes aux peuples frontaliers, la construction d’infrastructures communes, les marchés animés par les populations, constituent des occasions de rencontres officielles entre les populations des deux Etats, le Bénin et le Togo. |