| Resume |
La problématique de l’immatriculation foncière à Golo-Djigbé / Abomey-Calavi (sud-Bénin), se pose en termes de vivaces logiques endogènes de possession différenciées et mises en œuvre par des acteurs sociaux et institutionnels rationnels et résolus, au détriment du terroir. Quelle est cette transaction dont on vante la dynamique et dont les enjeux sont néfastes et funestes au développement endogène ? Cette étude qui tire ses fondements de la propriété selon Sénèque, contribue à la compréhension du maillage et du mariage des jeux d’intérêts où se disputent les trafics d’influences, la corruption et la surenchère comme des stratégies d’opérationnalisation d’une technologie du vice au service de la pauvreté de la localité.
Une démarche méthodologique exploratoire qualitative, avec pour centralité l’observation participante de 2011 à 2012, a porté sur 81 acteurs de divers profils, retenus selon leur catégorie socioprofessionnelle, pendant la période de collecte.
On retient que le champ de transactions foncières à Abomey-Calavi est un espace d’expression de motivations plurielles et de volontés émancipatrices, dans le maintien de la précarité de la communauté. C’est une soupape de libération des velléités/volontés d’affirmation de soi, dans l’opiniâtreté du viol du citoyen et des textes imposé par la technologie du vice au dépouillement des collectivités familiales. L’immatriculation foncière à Abomey-Calavi, en tant qu’achèvement d’un long processus de prédations sur des ressources diverses dans une perspective existentialiste, ne profite finalement pas aux autochtones qui, en se dépouillant de leurs terres pour diverses raisons sociologiques, s’asservissent aux allophones nantis, dans une dynamique d’immobilisation de la fortune opposée à une paupérisation autochtone irréversible. La commune s’urbanise certainement, mais au détriment des communautés autochtones qui ne se développent point, s’étiolent et ploient sous une technologie opératoire du vice, dans l’omnipotence de l’impunité rampante. |