| Resume |
Les infections récidivantes des voies aéro-digestives supérieures (VADS) des enfants constituent un handicap au développement psycho-moteur de ceux-ci et créent des retards scolaires. Pour pallier à ce phénomène, une étude a été initiée en vue de : déterminer la fréquence et les facteurs favorisants les récidives des infections des VADS de l’enfant, recenser les pathologies en cause et leurs complications puis exposer les attitudes thérapeutiques et les résultats obtenus [P8]. En 15 ans, 2190 cas d’infections récidivantes des VADS de l’enfant ont été reçus et traités en ORL au CNHU de Cotonou soit en moyenne 146 cas par an. Leur fréquence est de 22,98%. Le risque de récidive de ces infections commence après six mois. Les enfants de moins de 10 ans ont constitué 87,5% avec une prédilection pour la tranche de 1 à 5 ans : 57,4%. La prédominance a été masculine 60%. En dehors des antécédents de paludisme répété, de polyparasitoses intestinales et de malnutrition (25%), les principaux facteurs favorisant les récidives des infections des VADS ont été : les pollutions intra domestiques avec des ordures non couvertes, des eaux de puits non traitées (25%), les pollutions extra domestiques avec des habitats dans des zones inondables ou près des caniveaux, les expositions aux hydrocarbures (34%), le tabagisme passif des enfants vivant en promiscuité avec des fumeurs (17%). Par ailleurs le risque de récidive est présent tout le long de l’année aussi bien en saison sèche (56%) qu’en saison pluvieuse (44%). Les pathologies récidivantes ont été : les rhinopharyngites (43%), les angines (33%), les rhinites (20%) et les laryngites (2,9%). Les complications ont concerné 55% des cas. Les principales complications enregistrées ont été : les végétations adénoïdes (69%), les otites moyennes aigues trainantes (14%), les bronchites (6%). L’écosystème bactérien en cause est constitué par Pneumocoque (28%), Staphylocoque Aureus (25%), Enterobactéries (25%), Streptocoque Bêta hémolytique (15%), Pseudomonas Aeruginosa (10%). Le traitement curatif a été médical dans 44,9% et les macrolides ont été les antibiotiques les plus utilisés. Il a comporté aussi la correction des anémies et de l’état nutritionnel. Le traitement médico-chirurgical a concerné 55% des cas et a consisté en une adénoïdectomie ou une adéno-amygdalectomie avec une antibiothérapie pré et post opératoire. Le traitement médico-chirurgical a donné de meilleurs résultats avec 92% contre 60% pour le traitement médical pur. |