| Resume |
Pays en développement de l’Afrique subsaharienne, le Bénin, d’option économique libérale et de multipartisme intégral depuis 1990, a une importante vitalité démographique et sociopolitique. Des dizaines de partis politiques y foisonnent sans heurts majeurs, avec plus ou moins de heurs et de bonheurs, sur fonds de surenchères et de clientélismes qui maintiennent en haleine une population béninoise constamment prise en otage par les échéances électorales.
Les personnes décédées sont un important enjeu électoral car elles peuvent encore facilement y voter. Les actes d’état civil comme ceux des naissances et des décès y revêtent une grande importance. De compétence communale, la gestion du système d’état civil y est confrontée à deux principaux ordres de causes majeures de non-enregistrement des naissances à l’état civil : logistique et économique, sans oublier le faible niveau d’alphabétisation des communautés qui handicape le bon enregistrement des statistiques de naissances dans le système.
A partir des données du Troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH en 2002) et du Recensement Administratif à Vocation d’Etat Civil (RAVEC en 2006) au Bénin, l’étude apporte des réponses à de nombreuses questions polémiques. Elle montre comment le RAVEC, solution palliative des dysfonctionnements du système d’état civil d’enregistrement des naissances, a permis à des milliers d’enfants et d’adultes d’être respectivement scolarisés et d’accéder aux crédits divers et s’est imposé comme un outil de développement à contours de généralisation encore perfectibles. Outre l’importance démographique de l’état civil relativement mieux étudiée au Bénin, elle aborde celle des dimensions sociales, économiques et politiques de l’extrait d’acte de naissance à mieux considérer. |