| Resume |
En s’inspirant de l’ « Orientalisme » formulé par Edward Saïd, la théoricienne noire américaine Toni Morrison présente l’« africanisme » comme la représentation de l’Africain et du « Noir » en général par l’Occident à travers une vue étriquée, teintée d’eurocentrisme et dont la finalité est de mettre en exergue « le Blanc » (Cf. Playing in the dark, 1992). On observe cette représentation par exemple lorsqu’on compare la manière dont la littérature orale africaine et la littérature allemande présentent différemment les relations entre l’Humain et l’animal.
Dans cet article, nous avons fait cette expérience en analysant un conte « fon » du Bénin, transcrit par Mensah WEKENON TOKPONTO et quelques textes de littérature allemande. Alors même que dans ce conte on ne retrouve aucune forme de discrimination à l’égard des animaux et que les mondes animalier et humain vivent en symbiose, on est surpris de constater que dans la littérature allemande, le thème de métamorphose d’homme en animal et vice versa (comme respectivement chez Kafka et E.T.A. Hoffman) n’existe pas lorsqu’il s’agit de décrire les rapports entre l’Homme et l’animal africains. La seule fois, où on découvre un semblant de compassion envers l’Animal, comme c’est le cas dans le récit Die Stimmen von Marrakesch (1967) de Elias Canetti, la représentation littéraire préfère mettre ce sentiment de pitié dans les propos d’un personnage européen « blanc », mettant ainsi encore une fois le « Blanc » et l’Occident en exergue dans un contexte général dominé par les courants de protection de la nature. Heureusement, on note quelques textes de littérature allemande contemporaine qui, sensibilisés par les théories postcoloniales, essaient de renverser cette tendance |