| Resume |
L’article se propose d’analyser l’heureuse redécouverte du personnage d’Anton Wilhelm Amo (1700-1753) par la littérature allemande contemporaine à travers le roman Der Mohr de Johannes Glötzner paru en 2003. Ce roman paraît en effet, pour accompagner le débat général sur la philosophie interculturelle. Le personnage littéraire d’Amo, ce philosophe noir du siècle des lumières en Allemagne, originaire de l’Afrique de l’Ouest (actuel Ghana), replace la question du souvenir dans un contexte interculturel Afrique-Allemagne.
Le sous-titre du roman « Leben, Lieben und Lehren » renseigne déjà que l’auteur est intéressé par la description de son personnage à travers sa vie, ses expériences amoureuses et ses enseignements d’universitaires dans un siècle des lumières véritablement raciste et xénophobe à l’égard du Noir. Le thème central du livre est la représentativité du Noir par le discours racial du siècle des lumières en Allemagne (par Kant lui-même et d’autres philosophes) qui présentait le Noir comme physiologiquement et mentalement déficitaire. La narration de Glötzner utilise des outils de la psychanalyse (Freud et Lacan) pour déconstruire ces stéréotypes et préjugés racistes. Les réussites et les échecs d’Amo sont décrits à travers les enseignements de la psychologie profonde et de la psychanalyse. Notre étude s’est donc appuyé sur des outils d’analyse comme : complexe d’œdipe, peur de la castration, inquiétante étrangeté (das Unheimliche), „manque primordial“, etc. |