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L’extraction des matériaux de construction est à l’origine de la destruction des habitats et contribue à la perte de la biodiversité. Toutefois, les sites abandonnés peuvent être colonisés par une flore diversifiée. Cette étude a pour objectif de déterminer la diversité et les caractéristiques phytosociologiques des carrières non sableuses (calcaire, granite, gravier et quartzite) dans sept (7) départements du Bénin. Suivant la méthode sigmatiste de Braun-Blanquet (1932), 125 relevés phytosociologiques ont été effectués dans les formations après carrière et celles adjacentes (savanes et jachères) sur les mêmes matériaux. Au total, une flore riche de 457 espèces a été recensée. Elle est assez diversifiée (H' de 4,54 à 6,56 et J' de 0,73 à 0,82) et abrite 12,26% des espèces végétales menacées de la Liste Rouge du Bénin et est dominée d’espèces rares (54,7%). Une classification hiérarchique ascendante des relevés dans PC-Ord 5 a permis d’obtenir six groupements végétaux suivant les zones bioclimatiques et la nature de la roche mère. Ces groupements végétaux sont marqués par une prédominance de Phanérophytes et de Thérophytes ; d’espèces rudérales, de savanes et de jachères, puis dans une moindre mesure des espèces forestières, introduites, aquatiques, cultivées et de milieux inondés. Les zones de carrières sont donc diversifiées en espèces végétales et pourraient servir de refuges pour la sauvegarde de la phytodiversité locale notamment dans les régions à démographie galopante comme le Sud du Bénin. Il est donc nécessaire que les autorités locales développent une bonne politique d’aménagement après carrière prenant en compte des espaces témoins pour la conservation de la phytodiversité et pour servir de vestiges pour les générations futures. |