| Resume |
On s’est souvent plaint du fait qu’à l’opposé du savoir scientifique, les connaissances endogènes africaines sont frappées du sceau du secret et que les acteurs ou plus exactement les détenteurs de ces savoirs ont la manie de vouloir les garder pour eux. Mais un examen des conditions réelles de production, de conservation et de transmission desdits savoirs indique qu’un tel procès doit être sérieusement nuancé. En effet, le secret qui frappe les savoirs n’est pas vraiment déterminé par l’espace géographique ou culturel à l’intérieur duquel ils sont produits, mais précisément à leur nature et enjeux stratégiques qui y sont liés. Cette réserve ne remet pas en cause la nécessité d’une démocratisation des savoirs endogènes africains. Elle montre, cependant, que le projet de cette démocratisation ou, si l’on veut, de ce déverrouillage, ne saurait, s’il se veut fécond, se ramener platement à la divulgation ou à la diffusion de savoirs dont la manipulation n’est pas toujours sans danger ou qui constituent le moyen de survie de ceux qui en sont les détenteurs. |