| Resume |
La philosophie et la science se sont constituées et développées en faisant de l’universel aussi bien le but de la recherche que le critère de validité de toute théorie. Pour Rorty, il s’agit là d’un projet infondé et totalement injustifié. Cependant, alors que sa critique lui vaut d’être accusé de relativisme, le philosophe américain s’en défend ; car, de toute façon, pour lui le relativisme est tout simplement indéfendable et l’idée qu’il est censé incarner, intenable et incohérente. Rejetant dos à dos l’universalisme et le relativisme, même si l’on a toutes les raisons de soupçonner qu’il est plus proche de ce dernier, Rorty professe et développe un pragmatisme, un projet philosophique à hauteur d’homme, affranchi de l’utopie d’une vérité soustraite à la fragilité de notre condition. Le seul but raisonnable de la recherche est dès lors, simplement, de parvenir à des accords intersubjectifs, au détour de la conversation, du dialogue et de la compétition des idées. Si la science peut difficilement s’en accommoder, le pragmatisme a, cependant, le mérite de démasquer l’illusion d’une vérité objective qui serait le speculum de la réalité. |