| Resume |
La présente étude part de l’hypothèse que l’amélioration de la disponibilité des infrastructures
hydrauliques dans la commune d’Abomey n’a pas induit une amélioration systématique du
volume d’eau utilisé par les populations pour analyser de manière plus approfondie les
déterminants de la variation des volumes d’eau utilisés par ménages dans la commune
d’Abomey, au sud du Bénin.
Au plan méthodologique, les données ont été collectées à travers une enquête semi-structurée
auprès de 121 ménages de la zone choisie suivant un échantillonnage aléatoire et simple.
Outre l’accès à l’eau, les analyses ont portés sur: 1. les facteurs à l’origine de la variabilité de
la quantité journalière d’eau utilisée par habitant (Analyse de Variance avec un modèle
linéaire généralisé impliquant 7 facteurs de variation; 2. la corrélation entre le nombre de
sources utilisé par ménage et la quantité utilisée et 3. l’estimation de la quantité d’eau utilisée
par classe de distance dans la commune. Un test de Spearman a également été réalisé entre le
nombre de sources et la quantité utilisée par ménage. Enfin, une analyse factorielle des
correspondances a été réalisée afin de relier chaque concept d’accès à l’eau (disponibilité,
accessibilité et utilisation) aux différents arrondissements de la commune d’Abomey.
Les résultats obtenus révèlent que les sources les plus utilisées sont le forage en milieu rural et
les puits en milieu urbain avec des quantités variables selon la profession (p=0,000) et selon la
disponibilité (p=0,000). Il existe cependant une relation d’intensité moyenne entre le nombre
de sources utilisées et la quantité utilisée par ménage (rho = - 0,20 et p = 0,001), révélant une
augmentation du volume d’eau consommée en cas de réduction des sources
d’approvisionnement. Lorsque la source se trouve dans la concession (distance d0), la
quantité moyenne utilisée par individu dans le ménage est de 36,86 ± 6,50 litres et qu’à
distance inférieure à 100 m (d1), la quantité diminue jusqu’à 26 litres avec un écart-type de
20,50. Les variations spatio-temporelles des volumes d’eau utilisés révèlent ainsi une
véritable inégalité d’accès à l’eau à approfondir pour des solutions conséquentes. |