| Resume |
Le présent article s’intéresse à la problématique des sacrifices et offrandes déposés dans les rues de la plupart des villes d’Afrique subsaharienne, à partir de l’exemple de la ville de Cotonou. La méthode utilisée est basée sur l’analyse documentaire, l’observation, le dénombrement des points de dépôts et une enquête socio-économique auprès d’un échantillon de 130 individus.
Les résultats ont révélé que les rejets sont principalement composés des matières animales et végétales, des ferrailles, des matières inertes, des plastiques et des papiers. Les carrefours sont les lieux privilégiés des rejets sacrificiels dont la répartition géographique traduit un marquage différentiel de l’espace urbain avec une nette césure entre les quartiers périphériques et les quartiers résidentiels huppés. Au plan temporel, les dépôts sacrificiels s’opèrent surtout les moments « favorables » hebdomadaires et journaliers. Par leur mode de dépôts, les rejets rituels et sacrifices sont assimilables à des déchets sauvages banals qui génèrent tous des impacts multiples : enlaidissement, pollution du cadre de vie, stress, ralentissement du trafic, accidents, crevaisons et blessures corporelles. Au total, l’étude des rejets sacrificiels révèle la foi profonde des citadins mieux que les statistiques officielles. Ces pratiques transcendent les ”cloisons” confessionnelles et rappellent que malgré la forte poussée des religions révélées, les attitudes et comportements des citadins demeurent ancrés dans les croyances coutumières. |