| Resume |
Introduction : Les avortements clandestins constituent un véritable problème de santé publique dans le monde. L’absence de législation
sur les avortements aggrave le phénomène et beaucoup de complications y compris le décès sont enregistrés chaque année.
L’objectif de l’étude est de déterminer le profil des femmes et apprécier l’impact des avortements sur le plan psychosocial.
Matériel et Méthode : C’est une étude prospective, transversale, menée du 15 Juin au 31 Juillet 2010 au sein d’une population
féminine en âge de procréer 15 à 49 ans, du deuxième arrondissement de la ville de Parakou. L’échantillonnage est aléatoire multiphasique
en grappes.
Résultats : 17,55% des enquêtées ont pratiqué au moins une fois un avortement clandestin. Elles étaient jeunes 20 à 24 ans, 36 cas
sur 79 , élèves, étudiantes, apprenties ou exercant des professions à bas revenu. Les moyens abortifs utilisés étaient le curetage 45
cas sur 79, l’aspiration manuelle intra utérine 13 sur 79, les potions traditionnelles 11 cas sur 79. Les complications les plus fréquentes
étaient les hémorragies et les infections. Sur le plan psychosocial, 21 couples se sont séparés après l’avortement, 23
femmes l’ont vécu comme un crime et 24 autres redoutent la stérilité.
Conclusion : Les avortements à risque sont fréquents dans la ville de Parakou et mettent en jeu la vie des femmes. Un bon repositionnement
de la planification familiale et la législation peuvent permettre de réduire la fréquence et la gravité de ces avortements
au Bénin. |