| Resume |
À la mort du Prophète Mahomet, une question se pose à la communauté musulmane : à qui doit revenir la succession du prophète? Les sunnites professent que le prophète n'a désigné personne, et que revient la succession du prophète à n'importe quelle personne "désignée" par les musulmans. Ils adoptent donc une idée qui s'appelle shûra, c'est-à-dire le rassemblement des compagnons du prophète, la délibération collective. La shûra est un principe fondamental décrété par Allah et revêtant une très grande importance dans les statuts légaux.
La théorie de la shûra innovée par les savants sunnites ne repose sur aucune preuve islamique selon les shi’ites: jamais le prophète n'en a parlé. Certains ont voulu prouver cette théorie en utilisant certains versets coraniques et en les éloignant de leur sens évident. Rien à voir avec la soi-disant théorie de la shûra. Cette théorie que les contemporains occidentaux essayent d'associer à un État Démocratique Occidental avec comme visage politique la République par exemple, est un principe politique qui n'a de sens que dans un État Islamique avec comme visage politique la Shar’ia.
Et pourtant, à travers la notion de la shûra islamique, il y a un moyen d’inventer une nouvelle forme de démocratie. L’Islam a, par ailleurs, dû s’adapter à différentes sociétés, ce qui a permis un certain pluralisme, valeur essentielle de la démocratie. L’ijtihad, jugement interprétatif indépendant, a été une valeur centrale de l’Islam à son apogée. La shûra implique le débat préalable (ce n’est pas juste voter sans débat sur une loi ou un représentant), puis la décision par concertation. Shari’a et démocratie, de par leur système d’organisation, sont identiques.
Mots-clés : Shûra, gouvernance démocratique, sunnisme, shi’isme, pluralisme. |