| Resume |
Dans ce monde d’interdépendance des économies, la plupart des pays en développement accorde la primauté aux dynamiques internes pour relever le défi de la mondialisation et impulser le décollage industriel. Par Conséquent une des questions fondamentales en économie de développement est de comprendre pourquoi certains pays sont pauvres tandis que d’autres sont riches. L’argument relatif au niveau du capital humain est de plus en plus utilisé pour expliquer cette dualité.
Le Bénin a l’instar des autres pays au sud du Sahara est confronté à des difficultés socioéconomiques marquées par un taux de croissance instable et un taux d’accroissement intercensitaire de la population (3,25%) élevé par rapport à la moyenne (2%) du groupe des pays les moins avancés. De 2005 à 2013, le taux de croissance économique a enregistré d’énormes fluctuations.
Ces variations suscitent des interrogations quant aux facteurs qui influencent le taux de croissance de l’économie béninoise.
L’objectif de cette étude est d’évaluer l’effet des dépenses publiques en capital humain sur la croissance économique.
C’est la fonction de production à capital humain de Barro (1996) qui a été inspiré pour la spécification du modèle de ce travail. L’étude a couvert la période de 1980 à 2014 et a pris en compte outre les variables liées à la santé, celles liées à l’éducation, à la politique économique et aux phénomènes échappant aux actions des gouvernants. Ainsi, nous avons intégré au modèle le PIB par tête, les dépenses publiques de santé par tête, l’espérance de vie à la naissance, les dépenses d’investissement dans la santé, les taux bruts de scolarisation primaire et secondaire, le taux de croissance de la population, la politique d’ouverture de l’économie et la hauteur moyenne des précipitations.
Des résultats de nos estimations économétriques, il apparait que : A long terme, une augmentation des dépenses publiques de santé de 1% entrainera un accroissement du PIB de 0,17% toute chose égale par ailleurs. A court terme, l’effet sur la croissance économique de la même variation (1%) des dépenses publiques de santé serait de 1,07%.
Toutefois, l’effet à court terme de ces dépenses sur le PIB n’est pas significatif. Au regard de ces conclusions, nous suggèrerions aux décideurs le renforcement des actions dans le capital humain notamment dans son volet relatif à la santé pour donner une impulsion à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté au Bénin. |