| Resume |
RESUME
L’infection par le virus de l’hépatite B (VHB), constitue un problème majeur de santé publique dans le
monde. L’Afrique subsaharienne représente une zone de forte endémicité avec une prévalence de por-
teurs chroniques de VHB supérieure à 8%. Au Bénin, la prévalence de l’Hépatite B dans la population
est égale à 9,9 % chez des donneurs de sang en 2013, et de 15,7% ; chez des patients hospitalisés en
gastroenterologie au CNHU entre 2010 et 2016. Cette prévalence est plus elevée (16,41%) chez les
sujets jeunes 35-44 ans, préférentiellement de sexe masculin (71,2%). Au Bénin, l’infection est souvent
découverte devant des complications (45,08%), lors d’un dépistage (25,63%), de façon fortuite
(23,57%), ou lors d’un don de sang (3,43%). Les principales voies de contamination sont : horizontale,
sanguine, périnatale et sexuelle. L’asthénie représente la principale manifestation des hépatites B
chroniques (46,9%). Les manifestations extra-hépatiques sont fréquentes : 85% des patients reçus en
2017. Il s’agissait d’atteintes rhumatologiques (35,5%), dermatologiques (17,36%), et neurologiques
(12,4%). L’VHB est la principale cause de cirrhose (52 cas de cirrhose hospitalisés en 2004 dans ledit
service). Cette cirrhose touche des sujets jeunes (49 ans en moyenne) et fait le lit du carcinome
hépatocellulaire (CHC) : 42,3%. Le décès hospitalier est important pour cirrhose et l’hépatocarcinome
(42,3%) des cas. Il existe 2 stratégies thérapeutiques : la première est un traitement antiviral et immuno-
modulateur à base d’interféron visant à obtenir une réponse virologique prolongée à l’arrêt du traite-
ment ; la deuxième est un traitement de longue durée, en générale à vie utilisant les antiviraux que sont
des analogues nucléotidiques ou nucléotidiques (entécavir, ténofovir). Dans tous les cas le meilleur
traitement est la prévention, qui passe par le dépistage et la vaccination de tous les sujets ne portant
pas l’antigène de surface du VHB. La lutte contre l’hépatite B au Bénin reste encore confrontée à de
nombreux défis. On peut citer entre autres : le faible accès au dépistage, les difficultés d’accès au bilan
pré thérapeutique et son coût (environ 300 000 F CFA), le manque de formation post universitaire pour
à l’endroit des médecins généralistes et spécialistes pour la prise en charge efficace des patients, et le
coût élevé du traitement. Afin de mener efficacement cette lutte, un programme national de lutte contre
les hépatites virales s’avère indispensable.
ABSTRACT
Hepatitis B virus (HBV) infection is a major public health problem worldwide. Sub-Saharan Africa repre-
sents a highly endemic area with a prevalence of chronic HBV carriers greater than 8%. In Benin, the
prevalence of Hepatitis B in the population was 9.9% among blood donors in 2013, and 15.7% ; in
patients hospitalized in gastroenterology at the CNHU between 2010 and 2016. This prevalence is
higher (16.41%) in young subjects 35-44 years old, preferably male (71.2%). In Benin, the infection is
often discovered before complications (45.08%), during a screening (25.63%), by chance (23.57%), or
during a blood donation (3.43%). The main routes of contamination are: horizontal, blood, perinatal and
sexual. Asthenia is the main manifestation of chronic hepatitis B (46.9%). Extrahepatic manifestations
are frequent: 85% of patients received in 2017. They were rheumatological (35.5%), dermatological
(17.36%), and neurological (12.4%). HBV is the main cause of cirrhosis (52 cases of cirrhosis hospita-
lized in 2004 in the said department). This cirrhosis affects young subjects (49 years on average) and
makes the bed of hepatocellular carcinoma (HCC): 42.3%. Hospital death is important for cirrhosis and
hepatocarcinoma (42.3%) of the cases. There are 2 therapeutic strategies: the first is an antiviral and
immunomodulatory treatment based on interferon aimed at obtaining a prolonged virological response
when treatment is stopped; the second is a long-term treatment, generally for life, using antivirals which
are nucleotide or nucleotide analogues (entecavir, tenofovir). In all cases the best treatment is preven-
tion, which involves screening and vaccination of all subjects not carrying the HBV surface antigen. The
fight against hepatitis B in Benin still faces many challenges.We can cite among others: the poor access
to screening, the difficulties of access to the pre-therapeutic assessment and its cost (about 300,000 CFA francs), the lack of post-graduate training for general practitioners and specialists for effective pa-
tient management, and the high cost of treatment. In order to effectively lead this fight, a national pro-
gram to fight viral hepatitis is essential. |